Travailler ensemble c'est bien se connaître c'est mieux |
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Travailler ensemble c’est bien…
Se connaître c’est mieux.
CEC Magazine : Vous vous présentez comme un artisan du voyage plutôt qu’un voyagiste, en quoi votre conception du voyage est-elle différente de celle des autres ?
Simon VERMOT : La différence est énorme, l’artisan vend le produit qu’il a créé, il parle avec amour de son produit et vous le reconnaîtrez facilement à sa voix par rapport à une agence qui revend une production déjà faite par un autre tour opérator, en général un tourisme doré sur le sable chaud (85% des français en 2009) Les besoins étant différents, les formules de voyages doivent être différentes, mais je peux affirmer que les hommes et toutes les femmes au monde ont davantage besoin de rencontre et de convivialité que de sable chaud. Cette marée humaine vers les plages et les cocotiers ne m’ont pas empêché de créer mon tourisme à moi, celui que j’aime et qui est tout simplement un monde de convivialité. Je ne suis pas un philosophe, mais existe-t-il du bonheur en dehors de la rencontre et le partage avec quelqu’un ? Voyager c’est échanger, se transmettre nos différences peu importe le lieu ou la destination dans un monde qui est une vraie comédie. Excusez moi pour cette question qui en fera sourire plus d’un, mais traîner sa solitude dans des hôtels de luxe ou dans des paysages paradisiaques n’a vraiment rien d’excitant. Par contre découvrir l’âme d’un pays, d’une région, vivre au rythme d’un village est aussi important que la plage et le confort de l’hôtel.
Puisque vous m’avez demandé la différence entre un artisan et un voyagiste je voudrais me résumer :
1. Le voyagiste est un vendeur, l’artisan est un conseilleur.
2. Le voyagiste se réalise à travers son chiffre d’affaires, l’artisan à travers son travail.
3. Le voyagiste vend et revend en toute saison, l’artisan fait et refait à toute heure.
4. Le voyagiste prépare une structure 3 fois plus grande, l’artisan construit une œuvre qui dure 3 fois plus longtemps.
On démarre aujourd’hui dans ce métier avec un BTS de tourisme, quant à moi j’ai démarré avec une licence de théologie, ça décoiffe un peu vous ne trouvez pas, même beaucoup? Mais pour les anciens, être philosophe, théologien et créer des voyages font partie de la même recherche, c’est encore aujourd’hui la base de toutes réussites. Si nous sommes encore là après 36 ans d’endurance, nous le devons aussi à nos débuts, nous avons démarré à zéro, nous avons toujours retrouver notre force dans notre propre fragilité et non dans nos bilans, une agence de voyage est fragile, je ne connais pas de champions dans ce métier mais plutôt des financiers. Pendant cette longue période, le dialogue avec les responsables C.E. a toujours été primordial, ce sont eux qui bien souvent nous ont ramené sur terre, nos rêves sont souvent très loin de la réalité quotidienne des responsables C.E. Aujourd’hui nous regardons l’avenir avec confiance. La crise elle-même peut être bénéfique, les valeurs vont s’inverser par rapport au « tout argent », l’humain, l’être va tout doucement prendre autant d’importance que le bilan et le chiffre d’affaire. Alors dans le voyage il va bien falloir placer le respect pour l’être, le tout humain à la place du « tout argent », sur la première ligne de nos contrats.
CEC Magazine : Face au déferlement du « j’ai trouvé moins cher ailleurs » quelle est votre position en matière de prix ?
Simon VERMOT : les prix ne sont plus le reflet d’une agence mais les prix de la Cie aériennes ou de la SNCF selon la date de réservation. Les prix affichés sur internet sont les mêmes pour tous, agences et hors agences selon le remplissage du train et de l’avion. Si l’avion ou le train se remplit très vite le prix monte en conséquence. Alors faire moins cher que les autres ne veut plus rien dire. Dans notre métier tout change, on a parfois le tournis, une journée à Barcelone, Venise, Dublin par avion est plus économique qu’une journée sur le Val de Loire, la Champagne, le Beaujolais avec un temps de voyage plus court, 2 heures environ. Prix maximum : 230 € vol + déjeuner + 2 visites.
Malgré ces changements tout au long de notre long parcours, le bateau n’a jamais sombré et pas une seule personne n’est restée sur le quai. Je puis affirmer qu’au milieu de l’hécatombe des faillites, des rachats, des redressements judiciaires c’est un exploit.
CEC Magazine : Vous vous classez parmi les derniers dinosaures du voyage….. après 36 ans d’endurance, quand pensez-vous arrêter ?
Simon VERMOT : Commencer à vieillir dans ce métier ne signifie pas commencer à mourir mais commencer à murir.
et créer quelque chose dans sa vie, c’est vivre 2 fois, ça donne des ailes comme l’amour.
J’arrêterai quand la passion me lâchera, alors j’attends.
SIMON VERMOT
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